Herman Byrd (1974 – ) - Erwan Mahéo et Sébastien Reuzé

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Vernissage : 10/01/2019

du 11/01/2019 au 08/02/2019

 

Quelques mois après sa disparition, l’exposition « Herman Byrd (1974 –    ) » organisée par le PHAKT – Centre Culturel Colombier, rend hommage à cette figure prolixe et controversée du monde de l’art en présentant l’ensemble des imprimés et des objets édités entre 2012 et 2018.

 

Herman Byrd, né le 06 avril 1974 à Tanger (Maroc) est un éditeur et amateur d’art belge, fondateur de la maison d’édition éponyme.

 

Enfance
Herman Byrd est né à Tanger (Maroc), d’une mère poétesse marocaine (Aicha Bensalir Byrd) et d’un père diplomate américain (Donald Byrd), spécialiste des relations avec le Maghreb. En 1976, la famille Byrd s’installe à Bruxelles où le père est appelé, comme émissaire et traducteur, auprès de l’ambassade américaine pour les relations avec l’Egypte. Grand amateur d’art moderne et contemporain, Donald Byrd acquiert une collection dont la provenance a parfois posé questions. Bien que mis hors de cause par la suite, il avait été entendu dans le cadre de l’affaire dite des « Coquelicots », titre d’un tableau de Vincent Van Gogh dérobé en 1977 au musée Mahmoud Khalil du Caire, puis retrouvé dix ans plus tard avant d’être revolé en 2010.
Le jeune Herman est élevé par sa mère dans une maison Van de Velde de l’avenue Franklin Roosevelt à Bruxelles. Enfant solitaire et autodidacte, il étudie l’histoire de l’art dans la bibliothèque de son père et pratique le dessin et la peinture. En 1994, il quitte la Belgique pour les Etats Unis accompagné par le chauffeur de son père, Vjeran Tomic (né en 1961 à Belgrade) son ami et son protecteur.

 

Les années 2000
Revenu des USA en 2000, Byrd passe son temps entre la Belgique, la France et l’Egypte où son père est en poste.
On ne sait rien de ses activités jusqu’à mai 2010 quand, en raison de sa relation avec Vrejan Tomic, il est soupçonné d’association de malfaiteurs et recel d’œuvres d’art dans l’affaire des cinq tableaux de maîtres volés au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris. Il sera blanchi mais décidera de couper les ponts avec son ami et avec son père, lui aussi soupçonné.

L’activité d’éditeur
En 2012, il monte la maison d’édition Herman Byrd à Bruxelles. Il publie principalement des éditions d’artistes. En 2012 il édite le Swim, journal pédagogique à destination des jeunes artistes (Prix Fernand Baudin 2013). En 2014 il crée le journal Wave IX, à travers lequel il traite des thèmes issus de l’actualité (artistique, culturelle et de société), puis en 2015 le quotidien temporaire Le Morning qui rassemble un grand nombre de contributeurs issus de la scène contemporaine bruxelloise.
Il participe à des salons de l’édition (Artists Print, Bruxelles…), co-produit des ouvrages avec des éditeurs comme La Lettre Volée, La Muette… produit des expositions (Dark Rising Sun, Sébastien Reuzé, De La Charge, Bruxelles 2014 ; 4 Exhibitions, BAD, Bruxelles 2015 ; Magnum, BPS22 musée de Charleroi, 2017…), et édite des objets (Mind Screen H.Byrd, 2015 ; Ligne d’horizon portative, 2017 ; Paréos Magnum, 2017…).
La diversité de ses activités d’éditeur et la liberté avec laquelle il les mène lui ont valu la reconnaissance de beaucoup d’acteurs du monde de l’édition et un grand respect de la part des milieux artistiques underground bruxellois.

 

Disparition
En pleine apogée professionnelle, Herman Byrd a disparu dans des circonstances étranges le 30 septembre 2018 alors qu’il se rendait à Rennes, à la librairie Lendroit éditions, pour présenter les dernières parutions du journal Wave IX. Monté à Paris dans un train pour Rennes, il n’arrivera jamais à destination. Les recherches effectuées conjointement par la CGSU belge et la BRDP française n’ont pas permis de le retrouver.
Disparition volontaire ou accidentelle, enlèvement, règlement de compte… Aucun élément ne permet à ce jour d’éclaircir le mystère Herman Byrd.