Le voile du palais -

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Vernissage : 07/11/2020

du 06/11/2020 au 19/11/2020

 

« Le voile du palais » est un projet dédié à la voix prenant comme point de départ le chant lyrique.

Commissariat d’exposition du Le Bon Accueil – lieu d’arts sonores

 

 

L’EXPOSITION

 

Au travers une sélection d’artistes, notamment inspirée par les œuvres de J. Verne, G. Leroux, mais aussi de H. de Balzac, A. Rimbaud ou J. Cocteau, « Le voile du palais » propose d’explorer, la voix comme technologie du corps et, partant de la part d’artificialité résidant dans ce qui semble le plus naturel, la vocalisation, l’enregistrement et l’amplification comme technologie de la voix offrant la possibilité de sa manipulation et de son démembrement.

 

Dans cette perspective d’artificialité, l’Opéra et le chant lyrique ont une dimension iconique. Le chant lyrique repousse la voix humaine dans son retranchement, faisant du corps du chanteur un instrument qu’il faut apprivoiser. L’opéra est également le lieu de l’imaginaire, bien entendu sur scène, mais également de par ses passages en coulisses et machineries cachées au service de l’illusion et du spectacle. Un lieu où l’envers est le garant de l’illusion, de la projection de la fiction dans l’espace réel. Cette part d’imaginaire liée à l’opéra se retrouve dans la littérature au tournant du 20ème siècle notamment dans des romans comme « Le château des Carpathes » de Jules Verne ou chez Gaston Leroux avec « Le fantôme de l’Opéra ». Cette dernière œuvre fut d’ailleurs inspirée par une bien curieuse cérémonie durant laquelle des enregistrements sur disques de chanteurs et chanteuses lyriques furent enterrés sous l’Opéra Garnier à Paris en 1907.

 

Au PHAKT – Centre Culturel Colombier, la dimension enregistrement comme technologie de la voix est mise en avant, inspirée des recherches en phonétiques qui se sont développée sous l’impulsion de l’Abbé Rousselot, de Lioret et des méthodes de Etienne-Jules Marey, notamment de la méthode dite graphique.

 

Le vernissage de cette exposition se fera le samedi 7 novembre 2020 de 11 h 00 à 17 h 00.

 

 

LES ARTISTES

 

Durant cette exposition, pensée comme un diptyque, le PHAKT accueillera cinq artistes : VOID, Mathilde LAVENNE, Julien NEDELEC, Gert AERTSEN et Richard MARNIER.

Les six autres, Alexander KOLKOWSKI, Martin RICHES, Rainer LERICOLAIS, Michele SPANGHERO, Melissa DUBBIN et Aaron S. DAVIDSON, seront présentés à L’Opéra de Rennes.

 

Les œuvres sélectionnées se réfèrent directement à la naissance de l’enregistrement de la voix et de sa visualisation par le biais de cylindres inscripteurs utilisés au 19ème siècle, tant en physiologie qu’en physique.

 

 

VOID

Œuvre : Phonautogram / My Voice Is a Twisted Line in an Empty Space (2019-2020)
Cette œuvre, en cours de développement, reprend le système du phonotaugraphe mis au point par Léon Scott de Martinville. Des enregistrements de voix sont retranscrits graphiquement sur un cylindre couvert de noir de fumée par un dispositif de gravure connecté à un haut-parleur, produisant ainsi de grands paysages minéraux.

Site internet : https://www.collectivevoid.com/works

 

Mathilde LAVENNE
Œuvre : «ARTEFACT #o / Digital Necrophony» Installation sonore et numérique (2016)

Il s’agit d’un cylindre de marbre lu par un laser, inspiré du gramophone à cylindre de Thomas Alva Edison qui visait à conserver la voix des mourants et converser avec les morts. L’installation en reprend la forme mais change le dispositif afin de capter à travers les ondes, les fréquences ou les vibrations, des messages d’une autre dimension. L’ensemble propose un regard critique sur la façon dont l’ère numérique bouleverse notre rapport à la matière, à la nature.

Lien vers la vidéo «ARTEFACT #o / Digital Necrophony» : https://vimeo.com/172204876

Site internet : https://www.mathildelavenne.com/

 

Julien NEDELEC
Œuvre : « ABCDR » Sculptures pour phonèmes (2013)
Cet ensemble de 5 petites sculptures en plâtre rappelle, sous une forme extrudée et colorée, les inscriptions graphiques de phonèmes réalisés à l’aide d’un laryngographe et autres labiographes utilisés dans les laboratoires de phonétique.

En associant une couleur à chaque phonème l’œuvre éveille le souvenir de la synesthésie artificielle et du poème «Voyelles» d’Arthur Rimbaud : «A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles.»

Site internet : http://julien-nedelec.net/wordpress/

 

Gert AERTSEN

Œuvre : « AARGH » sculpture et installation sonore (2015)

Cette œuvre explore la mécanique de la parole et s’inspire des recherches de Johan Von Kemplelen. Le travail de Gert Aertsen se constitue de petites sculptures organisées sur des displays. D’apparence abstraite, elles empruntent leur vocabulaire formel à la physiologie du son, la phonétique et l’anatomie. Directement inspirées par l’univers de l’instrumentalisation scientifique, les œuvres produites pour le projet « AARGH » semblent provenir d’un cabinet de curiosité.

Site internet : http://lahaag.org/#

 

Richard MARNIER

Œuvre : « L’abécédaire formel » (2006)

L’Abécédaire formel » de Richard Marnier rappelle le développement au 19ème siècle de la « méthode graphique », imaginée par Etienne-Jules Marey à qui l’on avait confié de la transposer dans le domaine de la phonétique, afin d’examiner les mouvements du système phonatoire. L’œuvre de l’artiste se présente un peu à la manière d’un coffret d’échecs contenant des pions couleur ivoire. Ce sont en fait des modélisations en volume de la prononciation des 26 lettres de l’alphabet ainsi que les diphtongues qui ont été tournées en utilisant comme modèle le profil obtenu par visualisation à l’aide d’un logiciel de son.

La version sérigraphique de l’œuvre est disponible à la vente à Lendroit Editions

Site internet : https://www.richard-marnier.fr/